Bonjour Gérard,
je n'ai pas de niveau d'écoute **habituel** : ça dépend complètement des oeuvres écoutées !
Hier soir c'était John Dowland, pièces de luth...
alors à la louche je dirais 70 dB SPL
Mais ce matin, c'était Saudade par John Scofield, et là j'avais plutôt 90 dB SPL !
(iveaux à la zone d'écoute, bien sûr)
Dans un auditorium construit généralement de manière à éviter toute propagation ou vibration parasite, quel est le vecteur qui permet la perception par le corps ?
A moins d'installer une dalle de béton de 1 mètre d'épaisseur, quoi qu'on fasse les parois de la salle vibrent, le sol en particulier... et je n'arrive pas encore à léviter... (ça vient...)
Donc je sens, par les pieds, le canapé, les impacts des sons graves, même si je n'écoute pas **très fort** : par exemple un accord grave de piano est ressenti, par les contacts du corps avec l'environnement
D'autre part, avec 6 m² de peau très sensible, on perçoit les variations de pression : voir les recherches de Bryan Gick et Donald Derrick, de l’université de Vancouver, département de linguistique. Leurs travaux sont rapportés dans la revue Nature du 26 novembre 2009.
résumé ici :
http://www.lebardessciences.com/2009/12/ecoutez-avec-votre-peau/
http://sciences.blog.lemonde.fr/2009/11/27/la-peau-a-des-oreilles/
...mais quand il s'agit de musique instrumentale non amplifiée comme un orchestre à cordes par ex. ?
ben... ça dépend des cordes !
les pizzicatti de contrebasse, ça se perçoit aussi par le corps.
Essaye avec bouchons et casque, et tu constateras que tu perçois quand même le transitoire.
Qu'en est il d'un concert en plein air ?
Bob Marley au parc des sports de Dijon, en 1980 : j'étais au premier rang, j'avais les bas de pantalon qui tapaient sur les jambes, au rythme...
j'ai pris quelques photos, et j'ai reculé... après 5 minutes, il y avait 20 mètres de vide devant la scène !
Bon, tu as pris un cas extrême dans un sens, alors j'en ai pris un extrême mais opposé...
Ressentir par le corps exige tout de même un volume sonore conséquent...
Pas forcément : si la dynamique est respectée, ce sont les crêtes de pression qui sont perçues par le corps, les transitoires, ou plus exactement les **
sons de transition grave** corespondant à un déplacement d'air (plosive parlée, impact sur une peau de percussion, etc...)
Evidemment, si le système ne retranscrit pas ces sons de transition grave, on doit pousser le volume à des niveaux énormes pour retrouver un semblant d'impact !
...pas toujours compatible avec la vie de famille...
On retombe sur les mêmes butoirs !!!
- quand un pianiste joue de son instrument, que dit sa famille ??? rien...
Il est pianiste... bon...
- quand un chef d'orchestre écoute 10 fois de suite, à volume **réaliste** la même oeuvre enregistrée, pour l'étudier, que dit sa famille ? rien...
Alors pianiste ou chef d'orchestre, c'est un métier, mais mélomane ce n'est pas assez sérieux ???
Allons donc... j'ai beaucoup d'amis audiophiles, qui écoutent parfois à volume élevé, leurs familles n'y trouvent rien à redire.
Trouver le bon couplage avec le sol par exemple, améliore les graves d'une manière stupéfiante.
Absolument, et le positionnement des enceintes par rapport aux murs est également très très important.
Après tout ce qui compte c'est la musique non ?
La musique n'existe que dans l'esprit de celui qui écoute : en dehors de son esprit, il n'y a que des ondes sonores.
Et ce sont des ondes de pression, qui se propagent dans tous les milieux couplés : air, sol, mur, meubles en bois, corps... percevoir seulement par les tympans ne donne accès qu'à une partie des ondes sonores.
Suffisant pour recréer la mélodie, oui, et une partie des timbres aussi... mais...
Pour ma part, je n'écoute jamais en sourdine !
J'écoute à niveau réaliste, ou bien je n'écoute pas.
De la même manière, je ne regarde pas des toiles de maitre dans la pénombre... ni en miniature...
Que ce soit **l'apothéose d'homère** d'Ingres, **les noces de Canaa** de Véronèse ou encore les fresques de David, je préfère les voir une fois par an en grand, que tous les jours dans un livre...
ça reste un événement.
Et bien en musique, c'est pareil : c'est l'événement que je cherche à recréer, dans sa dimension, et pas **seulement** la mélodie de la musique.
Et je trouve que le casque ne fait **que** la musique...
Cordialement
Francis