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Creative Commons contre HADOPI

Date de publication: 26 mars 2009

La nouvelle loi contre le piratage, dite HADOPI (Haute autorité pour la diffusion des œuvres et la protection des droits sur Internet), prétend codifier une « riposte graduée » : le titulaire de l'abonnement à l'internet par lequel ont eu lieu des échanges illégaux recevrait un premier avertissement par courriel, un second par lettre recommandée, puis risquerait la suspension de son abonnement. Des artistes et créateurs de plus en plus nombreux défendent le téléchargement légal et gratuit, rendu possible par les licences Creative Commons.
À cette riposte graduée selon la loi « Création et Internet », le site de téléchargement de musique gratuit et légal Jamendo instaure le « remerciement gradué » dont le principe tient lui aussi en trois étapes : 

  1. Pour un titre téléchargé via Jamendo, l’internaute recevra un courriel de remerciement.
  2. Pour le deuxième téléchargement l’internaute recevra une lettre de remerciement ainsi qu'un « kit du complice » (stickers, outils de promotion...).
  3. Après le troisième téléchargement, un mois d’abonnement à l'internet sera remboursé à l’internaute s’il/elle convainc un lieu public (bar, restaurant, ...) de devenir espace de culture libre grâce à Jamendo PRO.

 

Selon ce site il y aurait une alternative entre le tout répressif et le tout permissif, grâce aux artistes qui ont tout compris au ouèbe, et aux dernières innovations technologiques. Ainsi les initiatives comme celles du groupe américain Nine Inch Nails dont le dernier album The slip est téléchargeable gratuitement en toute légalité, montreraient que gratuité, licence libre et succès commercial sont compatibles. Il est encore trop tôt pour se prononcer et le conditionnel nous paraît de mise.

Que restera-t-il dans quelques années de toutes ces discussions autour d'une culture prétendument libre, quand il ne s'agit bien souvent, en guise de liberté, que d'une massification rampante de la consommation ? En tout cas les initiatives en tous genres se multiplient et certaines approches sont résolument constructives. 

Les intermédiaires entre les artistes créateurs et leur public disparaîtront-ils comme certains le prétendent ou ne s'agit-il que d'une transformation beaucoup plus subtile ?

Qu'en pensez-vous ?

Pratiquez-vous le téléchargement illégal ?

La loi vous convient-elle ?
Votre avis nous intéresse. Nous le publierons ici.


Encore une fois, il faut déshabiller l'intention pour voir ce qui est derrière.

On a vu s'agiter les caciques de la distribution "culturelle" qui voient disparaître la partie matérielle de leur activité en même temps que le moyen de canaliser les flux monétaires. Ils veulent verrouiller tout ça. Le "pouvoir" va les y aider.

 Depuis longtemps le pouvoir veut organiser la répression sur le net comme cela se fait en Chine par exemple, qui voit dénoncés par les FAI les internautes "chauds". Problème, la structure autoconstruite du net ne permet pas de "tracer" facilement en France ce qui se passe sur Internet. Qu'à cela ne tienne, une petite HADOPI qui l'air de rien obligerait à reconfigurer le réseau, même si ensuite elle est amputée de ses bras et jambes culturels laisserait un tronc et un cerveau sous contrôle pour le futur de la gestion du net façon "Patriot Act" et le tour est joué.

HADOPI, tu crèveras mais ton rejeton te survivra et la répression sur le net lui devra beaucoup.

Hubert

 

J'aime beaucoup de genres de musiques sans non plus être un accro du mp3.

1- La musique est encore bien trop chère.

Antérieurement, un album en cassette coûtait environ 60FF (disons 10E), quand est sortit le CD celui-là coûtait environ 100FF (15E).

Aujourd'hui un CD coûte en moyenne le même prix et les cassettes ont disparu. La consommation a aussi augmenté d'une façon considérable en musique. [...].

2- La qualité des œuvres s'est dégradée

De nos jours beaucoup de personnes sont attirées par le showbiz et notamment la musique (voir les émissions TV telles que star academy, ...) dans le but principal d'être connu et gagner facilement de l'argent.

De nombreux "artistes" sortent un tube populaire que la radio nous rabâche à longueur de journée. Certains de ces tubes donnent envie d'acheter l'œuvre complète, malheureusement le porte monnaie une fois délesté, le pauvre consommateur s'aperçoit que seul le tube était correctement travaillé. C'est le résultat de la productivité demandée par les maisons de disques.

[...] Aujourd'hui "artistes", maisons de disques et intermédiaires sont confrontés à une pseudo-révolution des consommateurs par le téléchargement illégal.

Ils semblent que les gens aient, surtout en cette période, un ras le bol de la société de consommation et des monopoles.
Laurent

 

Je trouve cette loi beaucoup plus juste, que des taxes sur les CD vierges ou les disques durs.

Personnellement je  ne télécharge pas de musique ni de film, et je ne vois pas pourquoi je dois payer des taxes sur les CD.

Chaque année je fais les sauvegardes de mes photos et documents personnels.

Sachant que la durée de vie d’un CD peut ne pas dépasser 1 an d’après certains tests.

Donc chaque année je paye des taxes pour les bouffons

Sylvain

 

une fois de plus c'est les utilisateur de logiciels libres qui vont être pénalisés car pas de moyens pour protéger son système

en cas de problème il sera difficile de se défendre, car j'ai cru comprendre qu'une ligne téléphonique ou un ip pouvait se pirater

de plus si c'est mis en place cela va coûter une fortune et ne réglera aucun problème et pas sitôt sorti des petit malins trouveront la parade

bravo pour la liberté

personnellement je ne télécharge pas, mais cela ne veut pas dire

qu'un jour si hadopi passe je ne sois pas épinglé

alors bravo

il faut pas voir plus loin que son nez pour essayer de mettre en place une telle usine à gaz qui sera obsolète dans les mois suivants

 

un linuxien
Christian

 

Qu'en pensez-vous ?
Il y a des procédés de calcul des dommages causés aux éditeurs et aux auteurs qui me laissent pantois : si j'ai bien compris, chaque copie pirate est comptée comme une perte sèche de la valeur de la copie licite. Le pirate qui se constitue une bibliothèque de 1000 films ou de 10000 morceaux de musique aurait-il fait de même et payé tout cela au prix fort si le piratage avait été impossible ? Ce calcul me paraît exagéré d'un facteur au moins 10.

Pratiquez-vous le téléchargement illégal ?

Directement non. Quant à n'avoir jamais profité des bontés d'un pirate direct...

Directement non. Quant à n'avoir jamais profité des bontés d'un pirate direct...

La loi vous convient-elle ?
- Ce genre de loi me semble potentiellement liberticide : aucun pouvoir ne résistera longtemps à la tentation de détourner de leur fonction première les bases de données requises par sa mise en oeuvre.
- Je prévois un nombre considérable d'effets indésirables et de bavures
- J'ai confiance dans l'imagination des hackers pour contrer, détourner et même ridiculiser cette loi rapidement, comme ils l'ont fait de tous les systèmes de verrouillage des enregistrements et des logiciels. Cela conduira à une escalade jusqu'à la crème renversée finale, qui pourrait être un blocage massif de l'internet.
- J'espère en la créativité de quelques bons marketeurs pour trouver des modèles alternatifs au tout répressif avant qu'il ne soit trop tard.
Helmut

 

Je ne pratique pas le téléchargement "illégal". Si mes souvenirs sont exacts le gouvernement Jospin a instauré une taxe sur les CD et DVD justement pour éviter le piratage! Ce qui sous-entend qu'à partir du moment où on a acquitté cette taxe le téléchargement devient légal. Me trompé-je?

En tout état de cause je n'ai pas entendu dire qu'un artiste avait fait faillite du fait d'avoir été trop piraté ou pire avait perdu l'inspiration devant la bassesse de ces pirates....

Je ne pense donc pas que le piratage fait aux artistes le tort qu'on veut bien lui prêter.

Et la Sacem dans tout ça? Car c'est bien d'elle qu'il s'agit [...]? En fait elle est censée protéger les auteurs membres; elle perçoit des droits sur tout ce qui est diffusé par n'importe quel média. Alors évidemment dans le piratage, elle perd de l'argent, donc il faut légiférer!
Georges

 

[...] Où sont, dans le rapport Olivennes et le projet de loi Hadopi, les avis des artistes ? ...Les avis de tous ces petits groupes d'intermittents qui peinent à la création car on leur sucre leur statut... Où sont les avis des labels indépendants ? Pourquoi les disquaires qui résistent encore ne sont jamais cités ? Où est le nombre de disquaires indépendants qui ont mis la clé sous la porte à cause de la crise du disque ? En réalité aucun débat n'a été lancé. On propose une loi en récoltant quelques points de vue trop peu divergents, on criminalise l'utilisateur à coup de campagnes de publicité et on demande l'argent du beurre dans l'esclandre.

[...]
Quand on semble être le seul sur un marché et qu'on propose un produit médiocre et cher, il est normal de se le faire voler ! Et le marchand d'aller reconquérir son bon droit du côté de la répression par l'État n'a qu'à bien se tenir face à la masse qui ne pourra que lui en vouloir.

Enfin, pour toutes ces raisons, moi qui télécharge ET qui achète ce qui en vaut la peine, je ne veux pas être brimé lorsque j'utilise le peer-to-peer pour des vidéos en license Creative Commons. Je ne suis pas d'accord envers cette loi dont les conditions du débat sont de peer en peer. S'il est si urgent d'agir alors il est urgent d'installer des tables rondes avec tous les acteurs, même les empeeres des majors, et de cesser de mesurer le poids d'un interlocuteur par son chiffre d'affaire.
C'est pour toutes ces raisons et bien d'autres qu'un blog créé à la dernière minute s'est fait là : http://hadopi.theatredubruit.com où enfin on demande l'avis de tous les acteurs de ce qui est malheureusement appelé "l'industrie du disque".
Certes les avis entre les artistes divergent, mais aucun n'est d'accord, pour le moment, avec Hadopi ou toute autre forme de répression.

Djyp

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